Microplastiques : quel impact sur notre santé ?

Le CIEL (Centre pour le droit international de l’environnement) lance l’alerte dans un rapport édifiant publié en février 2019 : l’impact sanitaire du plastique à l’échelle mondiale est alarmant. Le plastique a un effet néfaste aussi bien lors de sa fabrication que lors de son utilisation, de son traitement en tant que déchet ou encore de sa dispersion dans l’environnement. L’association encourage nos sociétés occidentales à repenser l’utilisation du plastique en réduisant notre utilisation à la source pour combattre cette menace sanitaire et environnementale.

La pollution plastique dans les océans

Une étude publiée en juillet 2019 par la revue scientifique Science Advances, quantifie pour la première fois la totalité des matières plastiques produites à l’échelle mondiale et s’intéresse à leur devenir.

Elle révèle que sur les 8,3 milliards de tonnes métriques produites, seuls 9 % de ces déchets plastiques ont été recyclés ! Cette impressionnante majorité de plastiques non-recyclés est en train de s’amonceler dans les décharges et de se répandre dans la nature, les canalisations, les cours d’eau ou les océans sous forme de détritus.

Le volume de déchets déversés par l’homme est tel qu’il forme aujourd’hui un monstre de plastique au cœur du Pacifique : Le 7ème continent occupe aujourd’hui 3,5 millions de km2, c’est-à-dire 6 fois la superficie de la France.

Le 7ème continent ou « continent plastique » situé aux large des côtes californiennes atteint aujourd’hui 6 fois la taille de la France.

Ces matières plastiques ne disparaissent pas : elles se désagrègent sous l’effet du sel, des ultra-violets et de l’eau pour devenir de minuscules particules appelées les microplastiques (des fragments inférieurs à 5 mm).

Ces microparticules de plastique présentes dans nos mers et océans sont ingérées par les espèces marines. Leur tube digestif est obstrué, leur appétit diminué et leur comportement alimentaire altéré : avec leur estomac rempli de plastique, certains de ces animaux marins meurent de faim. Les plus gros déchets provoquent de graves blessures, des mutilations et même l’étouffement des animaux.

On estime qu’aujourd’hui 90 % des animaux marins ont déjà ingéré du plastique ! Les oiseaux de mer avalent les morceaux de plastique flottants, et les tortues les confondent avec des méduses. Aucune espèce n’est épargnée puisque ces micro-déchets peuvent être ingérés également par les mollusques, le plancton, les invertébrés ou les poissons de petites tailles. Les individus qui survivent sont ensuite consommés par d’autres espèces ou directement pêchés et se retrouvent ainsi dans la chaîne alimentaire. Ces matières plastiques microscopiques reviennent donc à la source et terminent dans nos assiettes. Selon la fondation Ellen MacArthur, « Si nous n’agissons pas, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050 ».

cadavre oiseau mort

L’impact du plastique sur la santé humaine

Des microplastiques ont également été retrouvés dans des produits alimentaires comme la bière, le miel, le sel, ou encore l’eau du robinet. Une étude réalisée par des chercheurs canadiens estime qu’un être humain ingère plus de 50 000 particules de plastique par an, et en respire au moins la même quantité. Les plastiques contiennent souvent des additifs tels que des stabilisants ou des agents ignifuges et de nombreux produits chimiques avérés cancérigènes.

Des scientifiques américains rattachés à l’Université de Columbia ont récemment analysé le tube digestif de crevettes de supermarché pour déterminer ce qu’elles avaient consommé. En appliquant un colorant rouge ils ont découvert que l’estomac de ces crevettes destinées à la consommation humaine contenait sept morceaux de plastique !

Un être humain ingère plus de 50 000 particules de plastique par an, et en respire au moins la même quantité.

La contamination par le plastique ne se limite pas à l’alimentation : le plastique est omniprésent dans notre monde moderne et finit par s’infiltrer dans le corps humain, non seulement par ingestion, mais aussi par inhalation ou contact direct (vêtements, emballages, produits cosmétiques, jouets pour enfants, etc.)

En effet les microplastiques se transforment à leur tour en nano plastiques de taille inférieure à 100 milliardièmes de mètres. Il a été prouvé que ces nanoparticules peuvent pénétrer dans les tissus et les organes humains ainsi que le système sanguin.

Les effets du plastique sur la santé humaine sont divers : impact sur le système immunitaire et le système respiratoire, perturbations endocriniennes, baisse de la fertilité, hausse des risques de cancers, etc. Les chercheurs précisent que « la façon la plus efficace de réduire la consommation humaine de microplastiques sera sans doute de réduire la production et le recours aux plastiques ». Nous pouvons tous agir, en changeant nos habitudes de consommation.

« La façon la plus efficace de réduire la consommation humaine de microplastiques sera sans doute de réduire la production et le recours aux plastiques »

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