Biodiversité

Mont Ventoux : Le 9e parc naturel régional de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur devrait bientôt voir le jour

Le Mont Ventoux, appelé le « Géant de Provence » ou encore le « Mont Chauve », est le point culminant du Vaucluse (1912 m). Véritable territoire de contrastes, le massif présente une étonnante diversité de milieux, abritant de nombreuses espèces végétales et animales, dont certaines constituent de vraies raretés. Au sommet, dans la zone d’éboulis soumise à un climat extrême, on trouve même des espèces observées en région arctique, telles que la saxifrage du Spitzberg et le petit pavot velu du Groenland.

Créé en 1965, le Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Équipement du Mont Ventoux (SMAEMV) anime et met en œuvre les actions du territoire. À la suite de nombreux travaux de recherche réalisés par l’INRA dans les années 1970, le Ventoux est labellisé « Réserve de Biosphère » par l’UNESCO en juillet 1990. Les réserves de biosphère sont des zones d’écosystèmes terrestres ou côtiers où l’on privilégie les solutions permettant de concilier la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.

Le programme Européen « Natura 2000 », englobe également 4 sites faisant partie du territoire : le Mont Ventoux, l’Ouvèze et le Toulourenc, les gorges de la Nesque et l’Aygues. Ces sites sont désignés pour protéger un certain nombre d’habitats et d’espèces représentatifs de la biodiversité européenne.

Après plusieurs années de discussions et de concertation, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-D’Azur a finalement adopté le vendredi 13 décembre 2019 en séance plénière la charte d’un nouveau parc naturel régional en Vaucluse. 35 communes sur 39 ont voté en faveur d’une adhésion au PNR du Mont-Ventoux.

Qu’est-ce qu’un PNR ?

Un PNR (parc naturel régional) est un territoire rural habité mais à l’équilibre fragile. Bâti autour d’un projet de développement durable, le PNR a pour objectif principal de protéger la faune et la flore. Il s’agit d’un label qui récompense un territoire exceptionnel, reconnu au niveau national pour la richesse de son patrimoine naturel, culturel et pour ses paysages.

Contrairement à un parc naturel national ou une réserve naturelle, il ne dispose d’aucune réglementation propre, mais les communes signent une charte d’une validité de 15 ans et s’engagent à en respecter les principes fondamentaux. Cette charte est d’abord soumise à enquête publique, avant d’être approuvée par les communes et intercommunalités constituant le territoire du Parc, la région et le département concernés, les partenaires socioprofessionnels et associatifs, ainsi que l’État par décret.

35 communes pour le futur Parc naturel régional du Mont Ventoux !

35 communes (sur 39) ont voté « pour » se regrouper autour de ce projet visant à préserver et à mieux gérer l’incroyable biodiversité de cet espace naturel unique.

Reste maintenant à obtenir le classement en Parc naturel régional du Mont Ventoux début 2020 par le ministère de la Transition écologique et solidaire qui doit valider précisément le territoire désormais délimité en parc naturel. Ce territoire avec ses 35 communes s’étend sur 85 913 hectares ; 97,8 % de la population du Ventoux devrait donc habiter dans le Parc naturel régional.

carte du territoire du Ventoux
Carte du territoire concerné par la création du PNR du Mont Ventoux. Source : SMAEMV.

Quelles menaces pèsent aujourd’hui sur le territoire du Ventoux ?

L’équilibre et l’harmonie de ce territoire d’une richesse naturelle et patrimoine exceptionnelle sont aujourd’hui fortement menacés. Le Mont Ventoux est en proie à un développement démographique et urbain rapide, au tourisme de masse concentré sur quelques sites emblématiques, au changement climatique, à la raréfaction de l’eau en qualité et en quantité, à la transformation des paysages agraires, à la disparition des savoir-faire et traditions locales, et à l’abandon des patrimoines.

Certains sites remarquables en font sa notoriété, notamment la vallée du Toulourenc, le plateau de Sault, les villages des Monts de Vaucluse et les Dentelles de Montmirail.

Que va changer la désignation de Parc naturel régional du Ventoux ?

  • Elle permettra d’élaborer et proposer des projets innovants ;
  • Elle apportera des services et des conseils aux communes ;
  • Elle facilitera la mobilisation des financements ;
  • Elle stimulera et mettra en relation des partenaires ;
  • Elle assurera une coordination des actions de préservation, de gestion et de mise en valeur sur son territoire par les diverses collectivités publiques.

L’objectif est donc de garantir un juste équilibre entre le développement économique et social et la valorisation et la préservation des patrimoines naturels et culturels du territoire du Ventoux. Un Parc naturel régional est avant tout un territoire vivant, un lieu d’échanges, de concertation, d’expérimentations où l’information, la sensibilisation et l’association des acteurs principaux et des habitants sont privilégiées.

Le saviez-vous ?

  • Sur la commune du Barroux, depuis 1984, une « ferme expérimentale d’élevage de lamas » est installée sur une propriété de 33 hectares. Confronté aux risques d’incendie de ses garrigues, le propriétaire s’était procuré auprès du Muséum national d’histoire naturelle de Paris cinq de ces animaux pour leur faire débroussailler les sous-bois.
  • En 1996, des spéléologues ont découvert dans un aven de 17 mètres de profondeur une grande quantité d’ossements fossilisés d’ours bruns. Plus tard, sur le même versant, le Groupe spéléologique de Carpentras trouvera à nouveau les ossements d’environ 500 ours, ce qui en fait un des gisements les plus importants d’Europe.
  • La montagne a été pendant des siècles l’objet d’une déforestation intense pour permettre la pâture des troupeaux de moutons et la production de charbon de bois. Entrepris à partir de la moitié du 19e siècle, le reboisement du Ventoux est considéré comme une réussite exemplaire. Certains arbres de la forêt primaire subsistent, et on estime que les plus vieux seraient âgés de quatre siècles.
  • Avez-vous entendu parler des glacières du Mont Ventoux ? Du 18e siècle jusqu’à la fin du 19e siècle, la fabrication de cubes de glace (par accumulation et tassement de neige dans des cavités naturelles) est une activité importante permettant, entre autres choses, la fabrication des sorbets ou la conservation des cadavres. Ce commerce, dont les exploitants étaient appelés les « fermiers de la glace », s’étendait jusqu’à Avignon, Marseille et Montpellier. La livraison s’effectuait de nuit avec halte le jour, la neige pilée étant alors entreposée et tassée dans des glacières locales.

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